Comment quitter son emploi pour un autre ?

Vous avez trouvé une entreprise avec un recruteur qui vous embauche.
C’est une super nouvelle !

Cette autre boite semble vous convenir, l’ambiance à l’air sympa et le poste proposé est attirant.

Votre employeur indique même qu’il a besoin de vous car il recrute en ce moment même. Il aimerait bien que vous intégriez sa boite le plus vite possible.
C’est encore une super nouvelle !

Cependant, vous devez encore franchir un obstacle…

Quitter votre emploi actuel.

Mais plus que ça, rompre votre contrat le plus vite possible !

Vous êtes cependant au courant qu’il existe un préavis exigé. Il s’agit d’une durée variable (allant de 1 mois à 3 mois pour les cadres) pendant laquelle vous devez encore travailler dans l’entreprise.

Si vous ne respectez pas ce préavis, vous devrez verser de l’argent à votre employeur (au mon dieu…).

Le montant est proportionnel à la durée de préavis qu’il vous restait à respecter après votre départ frauduleux.

Voici un schéma 

comment quitter son emploi pour un autre

J’imagine que payer un demi salaire n’est pas dans vos plans. Donc vous avez tout intérêt à respecter toutes les conditions.

Seulement, vous ne pouvez peut-être pas attendre la fin la période pour commencer votre nouvel emploi. 

Peut-être que votre recruteur est pressé, peut-être vous fait-il des signes pour que vous arriviez dès la semaine prochaine.

Il y a quand même une bonne nouvelle.

Au cas où vous ne seriez pas au courant, la durée d’un préavis peu se négocier !

La loi n’interdit pas la réduction d’un préavis.

Nous allons voir dans cet article comment négocier la réduction d’un préavis.

Avant cela, je voudrais vous informer que nous allons parler uniquement du cas de la démission.

En effet, une rupture conventionnelle n’exige pas de préavis puisqu’il s’agit d’un accord commun avec votre patron.

Avoir d’aborder le sujet « comment quitter son emploi pour un autre », j’aimerais vous informer de deux, trois petites choses.

 

À savoir avant de quitter votre emploi

 

Avant de prendre rendez-vous avec votre boss pour démissionner, vous devez être conscient de certaines choses.

Des choses qui, si vous n’êtes pas au courant, pourront vous porter défaut.

 

la démission n’entraine pas la cessation immédiate de votre contrat

Vous faites partie de l’entreprise jusqu’à ce que votre préavis soit terminé. 

La durée n’est pas fixe, elle varie selon les entreprises mais généralement, elle est de 1 à 3 mois (cadres) pour le CDI. Vous pouvez cependant le vérifier en regardant votre convention collective d’entreprise.

La convention collective contient les droits applicables au travail. Vous pouvez trouver cette dernière sur votre bulletin de paie.

Etant donné que vous appartenez encore à la boite, votre mois de préavis est payé, comme un dernier salaire.

la démission n’entraine pas le droit au chômage (sauf dans certains cas que l’on va voir plus bas)

En règle générale, mettez-vous à l’esprit que la démission n’est pas sur la même longueur d’onde que le droit au chômage. Pensez-y avant de vous lancer, ça peut être utile.

l’employeur n’est pas tenu de vous verser le reste du « salaire » si vous partez avant

Si vous partez avant la fin du préavis, n’essayez pas de réclamer votre fin de mois. Vous ne faites plus partie de l’entreprise dès lors que vous partez.

vous pouvez rompre de manière légitime un CDD si vous avez signé un CDI dans une autre entreprise

Si vous êtes en CDD, c’est parfait. Il suffit d’apporter une preuve de votre CDI signé : 

    • promesse d’embauche
    • contrat de travail
    • lettre d’engagement

Cette situation est idéale car zéro négociation.

Mais si vous n’avez pas de preuves. Vous pouvez rompre de manière anticipée votre  CDD d’un commun accord (à la manière d’une rupture conventionnelle pour le CDI).

Là aussi, un préavis existe pour le cas du CDD. Il est en revanche moindre. 

Ce préavis est calculé à raison d’un jour par semaine sur la durée totale du contrat (connue à l’embauche).

La durée limite légale est de 2 semaines (quoi qu’il arrive).

Enfin bon, le cas du CDD est le cas idéal.

Nous on s’intéresse à ceux qui ont un peu plus de choses à régler, c’est à dire ceux qui sont en CDI.

 

Comment négocier la durée du préavis

 

Avant de parler de négociation, il est intéressant de savoir pourquoi le préavis existe.

Pourquoi le préavis

Pourquoi on ne peut tout simplement pas signer et partir ? (ça serait beau n’est-ce pas)

Lorsque vous quitter votre emploi, l’effectif de travail est réduit (de 1 personne du coup, mais ça compte !).
Le rôle que vous occupiez n’est plus tenu par personne. Ainsi, selon le besoin de personnel de l’entreprise, sa situation économique, son secteur… il peut être très pénalisant pour votre patron d’avoir un membre de son équipe qui s’en va.

Donc le préavis sert pour votre employeur (et pour vous dans le cas où vous prenez le temps de planifier votre départ) à « se rétablir » de votre départ.

Pendant ce temps, il peut poster des offres d’emploi, prospecter des demandeur d’emploi, planifier une campagne de recrutement, planifier un nouveau processus de travail « où vous n’êtes plus là »…

Voilà donc en quoi le préavis est utile.

Mais à quoi ça sert de le savoir me direz-vous.
Et bien… à pouvoir négocier efficacement !

comment discuter la durée

En ayant conscience des éventuels problèmes que votre départ peut engendrer, vous possédez un plus gros bagage de persuasion.

Tout d’abord, il est important d’avoir une bonne relation avec votre employeur. Toute négociation est très difficile si les deux parties ne s’entendent pas bien.

Si vous êtes actuellement en conflit avec votre boss, vous devez tenter de vous réconcilier avec lui avant tout.
Simplement en étant aimable, sympathique ou en lui proposant de quelques pistes pour l’aider dans son travail.

 


Pour la petite anecdote personnelle, j’ai récemment quitté mon entreprise Bigard à Castres (sud est de la France). Tout au long de ma période de travail là-bas, je n’ai jamais manqué de respect à personne.

Je proposais des pistes de réflexion, je m’investissais dans les projets, je proposais des idées d’amélioration (même si elles étaient mauvaises)…

J’avais de l’empathie pour les autres, pour mon patron. Lorsqu’il haussait le ton, au lieu de me mettre en rogne, d’arrêter de lui parler pendant 2 semaines, de défendre ma position, je me mettais à sa place.

J’essayer de comprendre avec lui ses soucis, ses besoins, ses souffrances.

Et devinez quoi ? Lorsque j’ai annoncé que je voulais quitter la boite, je n’ai même pas eu à négocier.

Il a fait la proposition de signer une rupture conventionnelle afin de m’octroyer les droits au chômage. Je n’ai même pas eu à mentionner quoi que ce soit.

Ce qu’il faut retenir de cette petite histoire : soyez sympathique, intéressé et investi pour les autres et on vous le rendra


Première chose : lui en parler au plus vite

Vous lui avez déjà annoncé votre projet de départ mais vous n’avez pas encore envoyé la lettre de démission ?
Parfait ! lisez tout de suite ce que je vais vous dire avant de le faire.

Pour avoir plus de chances d’obtenir un accord, parlez-lui de la réduction du préavis le plus tôt possible. Celui-ci ne sera pas pris au dépourvu et acceptera plus facilement. 

Trouver pour lui son remplaçant

Si l’on revient sur ce qu’on a dit à propos du préavis, on voit que la question du remplacement est en jeu.

Il faut maintenant savoir quelle est le besoin en personnel de l’entreprise, urgent ? non-urgent ?

Le soucis, c’est si ce besoin est urgent. En effet, dans ce cas-ci, votre employeur sera davantage stressé et voudra certainement que vous fassiez votre période de préavis totale (le temps qu’il trouve quelqu’un quoi).

Peine perdue peut-être ?
Bien sur que non. À ce moment, il n’est pas impossible d’obtenir l’accord. 

Vous devez donc comprendre son besoin et l’aider à régler ce soucis, à savoir, lui trouver un remplaçant.

Pour cela, pourquoi ne pas proposer une connaissance à vous qui cherche un emploi ? Et si vous n’en connaissez pas, faite un tour auprès de vos amis. Peut-être qu’il connaissent eux une personne intéressé par votre poste.

Proposer un temps partiel provisoire dans les deux entreprises

Quelles avantages à cela ? Vous démontrez une fidélité dans votre engagement auprès de votre boss actuel, ainsi qu’une motivation auprès du futur employeur.

Le futur employeur reconnaitra la rigueur dans votre démarche et comprendra que vous êtes quelqu’un de sérieux et d’investi.

Vous l’aurez compris, c’est un compromis qui avantage les deux entreprises !

En plus, cela vous permet d’expérimenter plus vite votre futur CDI.

Utiliser les 2 heures/jour pour réduire la durée du préavis

Certaines entreprises accordent aux salariés démissionnaire 2 heure par jour pour chercher un emploi pendant le préavis. Si c’est votre cas, vous pouvez lui proposer une solution gagnant-gagnant (comme pour toutes les autres solutions en fait…).

Cette idée est de « sacrifier » votre capital d’heures pour les soustraire à la durée du préavis. Ainsi, à raison de 2 heures/jour, vous pouvez bien réduire la période.

Par exemple, si vous un mois de préavis. Vous avec donc environ 20 jours ouvrés. Donc 2×20 = 40h ( 1 semaine) à potentiellement soustraire du mois.

Une semaine ça peut tout changer !

 

Pour chaque option que je vous ai cité, faites une chose en guise de prévention.

  • En cas d’accord, faite lui signer une attestation écrite. 

C’est toujours bon en cas de litige. 

 

Que se passe-t-il après ?

Votre prochain employeur vous a dit qu’il était intéressé par votre profil ? C’est super ! mais imaginez qu’une fois avoir quitté votre emploi actuel il vous dit qu’il a trouvé quelqu’un d’autre…(c’est très malsain, ça n’arrive que rarement rassurez-vous !)

Vous pouvez lui faire signer une promesse d’embauche.

C’est un document officiel qui engage le recruteur à embaucher l’employé une fois signature du papier.

En gros c’est une garantie. 

En effet, vous ne pouvez pas signer un contrat si vous êtes assigné à un autre. Mais la promesse d’embauche ou lettre d’engagement sécurise l’affaire.

Une fois que vous avez arrangé les choses pour pouvoir entrer proprement dans la nouvelle boite, il peut se passer cette situation :

  • vous ne faites pas l’affaire et votre récent recruteur vous licencie pendant la période d’essai (91 jours)

Bon c’est quand même rare, mais ça peut arriver…

Dans ce cas-ci, vous avez très certainement besoin de chômage car vous n’aviez pas prévu cela.

Il y a deux options pour y avoir droit (même en ayant fait une démission et tout !)

  1. Vous totalisez + de 3 ans pour votre ancien poste – la démission est légitime et vous avez droit au chômage
  2. Vous totalisez – de 3 ans pour votre ancien poste – pas de droit au chômage si votre employeur vous licencie avant les 91 jours

Le cas 1 n’est pas intéressant pour nous car il n’y a pas de problèmes.

Pour le cas 2, c’est plus embêtant. Il va peut-être falloir négocier votre présence pendant la totalité de la période d’essai (91 jours).

Si vous « ne faites pas l’affaire », il est quand même possible de discuter avec le patron.

Demandez lui les raisons pour lesquelles vous ne faites pas l’affaire.

Trop lent ? Insolent ? Pas assez motivé ? Pas assez réactif ?

Demandez-lui de vous laisser une chance de prouver votre valeur de nouveau. Dite lui votre problème financier si vous partez maintenant et engagez-vous à être impeccable d’ici la fin de période d’essai.

Au moins, vous lui montrez que même si votre départ est programmé, vous faite tout pour bien travailler.

En définitive, le moyen le plus sécurisé de quitter son emploi pour un autre est de faire une rupture conventionnelle (CDI uniquement).

En plus de cela, vous n’avez pas de préavis puisque c’est un accord commun.

Pour plus de renseignement, direction cet article : Comment quitter son travail sans démissionner.

 

Ça fait beaucoup de texte vous ne trouvez pas ?

Résumons un peu tout cela.

Vous voulez quitter votre job pour signer ailleurs : 

 

 

  • la démission n’entraine pas la cessation immédiate de votre contrat
  • le préavis exigé doit être respecté sous peine de devoir verser de l’argent
  • on peut négocier la durée d’un préavis
    • rétablir sa relation avec son boss (si ce n’est pas fait) 
    • en parler tôt
    • trouver un remplaçant
    • travailler à temps partiel dans les 2 boites
    • utiliser les 2h/j (s’il y a) pour réduire la période
    • pour bien négocier : une astuce de savoir être
      • parler des besoins de votre interlocuteur avant les vôtres
  • par précaution, faire signer une attestation écrite
  • par précaution, faire signer une promesse d’embauche de la part de l’autre employeur
  • étudiez la situation en cas de renvoi pendant la période d’essai

 

J’espère que cet article vous a été utile, n’hésitez pas à consulter les autre sur le blog.

 

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Quitter son travail en bons termes


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