Pourquoi quitter son travail sans démissionner ?

9 français sur 10 ont envie de changer de métier ou l’ont déjà fait.

55% hésitent encore à franchir le pas de la reconversion

Source : étude « Les Français et la reconversion professionnelle » menée en ligne par nouvelleviepro.fr en 2019 auprès de 2 083 Français

Changer de métier est la tendance des années 2000.

Si vous lisez cet article, il est certain que vous y pensez.

Seulement, y penser c’est bien, mais le faire…c’est tout autre chose !

De nombreux facteurs vous barrent la route. De nombreux freins, sociaux, psychologiques, financiers, temporel… font obstacle à votre décision.

Et comme vous vous en doutez, nous allons parler ici du frein financier.

Je me doute que si vous souhaitez quitter votre travail sans démissionner, c’est pour conserver vos droits aux chômage.

Donc c’est un enjeu financier.

Pour avoir droit au chômage, une nouvelle possibilité a vu le jour à partir du 1er novembre 2019. Il y a donc deux manières d’avoir ses droits lorsque l’on quitte son travail : 

  1. rompre son contrat d’un commun accord avec l’employeur (rupture conventionnelle)
  2. démissionner 

 

Je sais que le titre de cet article est « quitter son travail sans démissionner ». Mais peut-être que n’étiez pas au courant que la démission permet aujourd’hui d’avoir des droits.

C’est pourquoi je vais tout de même parler de la démission (un peu).

 

La démission

 

comment quitter son travail sans démissionner

Depuis le 1er novembre, il est possible d’accéder au chômage en démissionnant.

Mais attention !
Il ne s’agit pas de n’importe quelle type de démission (ce serait trop facile).

Il y a 2 types de démission

  1. si c’est pour suivre un projet de reconversion professionnel
  2. pour des raisons privées

 

Projet de reconversion professionnel

Pour le projet pro, voilà les conditions : 

  1. 5 ans d’ancienneté dans la même entreprise 
  2. avoir en tête un projet professionnel 
    • création ou reprise d’entreprise
    • suivi d’une formation

Avant sa démission : le salarié doit avoir sollicité un Conseil en Evolution Professionnel (CEP) pour élaborer son projet professionnel puis le faire valider par la Commission Transition professionnelle régionale.

Qu’est-ce que tout ce charabia veut dire ? Une image vaut mille mots…

 

Quitter son travail sans démissionner

 

Par conséquent, si vous choisissez la démission comme option, vous ne pouvez pas le faire sans projet professionnel derrière.

Pour les organisme que je viens de citer (CEP, FONGECIF), il sont localisés dans chaque région mais une démarche en ligne est suffisante.

Je ne vais pas détailler dans cet article le fonctionnement précis de chaque organisme, d’autres articles en parle.

Raisons privées

Le droit au chômage est légitime pour certaines raisons personnelles.

  • suivre son conjoint qui change de lieu de résidence pour son job
  • qui s’explique par son mariage ou Pacs entraînant un changement de lieu de résidence, dès lors que moins de 2 mois s’écoulent entre la date de la démission et la date du mariage ou Pacs…

 

 

Par conséquent, vous pouvez choisir de démissionner si vous respecter ces situations.

Sinon, vous avez la solution de signer une rupture conventionnelle.

 

La rupture conventionnelle

 

comment quitter son emploi sans démisionner

La rupture conventionnelle (RC) du contrat de travail, ou rupture amiable, est un mode de rupture du contrat reposant sur l’accord de l’employeur et du salarié.

La rupture du contrat émane donc d’une volonté commune de mettre fin à la relation de travail1 .

Avantage Inconvénient
aucune démarche nécessite accord de l’employeur

 

Et oui… qui dit accord dit potentiellement refus.

Il va peut-être falloir négocier avec votre employeur pour obtenir cet accord.

Avant de continuer sur ce sujet, je tiens à vous informer que

  • Seul le CDI permet la rupture conventionnelle (donc pas le CDD)
  • Il est impossible de signer une RC pendant une période d’essai

Si vous êtes en CDD, vous devez soit attendre la fin du contrat, soit négocier une rupture anticipée.

Mais là on s’écarte du sujet, nous en parlerons dans un autre article.

Donc si vous êtes en CDI et que vous souhaitez avoir l’accord de vôtre employeur, vous allez peut-être devoir négocier.

Qu’elles peuvent-être les raisons qui pousserait un employeur à refuser ?

En voici quelques unes:

  • il existe une indemnité minimum légale à payer de la part de l’employeur
  • vous avez un différend avec lui et sa fierté le pousse à vous contredire
  • vous n’êtes pas éligible à la RC (CDD, intérim, en congés maternité ou maladie…)

 

Soyez curieux !

Etudiez avec lui ses besoins.

Si l’indemnité lui pose problème, proposez-lui de la calculer et montrez lui que cela n’a pas d’importance pour vous.

Normalement l’indemnité n’est pas exorbitante, il est donc de vote devoir de la calculer et de lui montrer qu’un travailleur démotivé lui coûte plus cher.

Ensuite vient la date de départ.

A ce moment, votre employeur peut avoir deux besoins opposés : 

  • la nécessité que vous partiez le plus vite pour ne pas payer un salaire « inutile »
  • la nécessité de recruter quelqu’un qui prendra votre place

Donc suivant sa situation, vous devez être flexible et pouvoir accepter que cela prenne un peu plus de temps que prévu.

Il est important de quitter votre travail en bons termes. Il est tout aussi important de montrer que l’on veut partir en bons termes.

 

 

Comment négocier

 

comment négocier une rupture conventionnelle

Après avoir abordé les besoins que peut avoir votre employeur, analysons plus en profondeur l’art de la négociation.

Comme je viens de vous le suggérer, il faut d’abord se focaliser sur les besoins de son interlocuteur.

Ainsi, pensez donc aux problèmes que votre demande peut impliquer.

Mettez vous à sa place. L’entreprise est-elle en difficulté financière ? Le besoin de personnel est il urgent ? L’entreprise est-elle emphatique envers les travailleurs démotivés ?

Vous devez connaître les réponses à toutes ces questions afin de pouvoir négocier la rupture de contrat que vous souhaitez.

Inversement, je vous recommande « d’oublier » votre petit égo. 

C’est à dire que vous devez mettre vos besoins en arrière plan. C’est la base de tout négociation réussie.

Gardez en tête que chaque être humain est égoiste et que chacune de ses actions a pour unique but de satisfaire ses intérêts.

C’est peut-être un peu pessimiste, mais c’est la réalité. Vous voulez financer votre reconversion – votre employeur veut le minimum de perte (financière mais aussi d’estime)

Pourquoi l’estime ? Comme je l’ai dit plus haut, la fierté peut être un motif de refus. Si vous blessez sa fierté (en essayant de l’attaquer verbalement ou en le forçant), vous avez perdu la partie.

Ce que je veux aussi dire par là, c’est qu’il est essentiel que vous soyez, au moment de la négociation, en bon terme avec votre employeur.

Si actuellement vous êtes en tension avec lui, il est très préférable de prendre le temps de calmer le jeu.

De rétablir une relation positive avec lui en gros.

Montrer que vous voulez répondre à ses besoins plutôt qu’à satisfaire les vôtre est une très bonne chose.

N’hésitez pas à lui proposer des solutions qui vous viennent en tête. Même si elles ne sont pas terribles, cela montre votre volonté de penser à lui avant tout.

Si je devais récapituler cette dernière partie, je citerais 2 points :

  • pensez aux besoins de votre interlocuteur avant les vôtres
  • être sympathique

 

 

J’espère que cet article vous a été utile, n’hésitez pas à consulter tous les autre sur le blog.

 

 

Articles complémentaires

 

Quand quitter son emploi : 9 signes qui montrent que c’est le moment

S’exprimer et se faire comprendre : les outils de communication

 

 

 


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